Il existe plusieurs termes bibliques qui renvoient à la notion de connaissance. Parmi eux, on retrouve notamment gnosis et épignosis. La Bible utilise également le terme sophia, qui se rapporte davantage à la sagesse.
Cependant, lorsqu’il est question de connaître Dieu, la Bible ne parle pas simplement d’accumuler des informations à son sujet. Il existe une connaissance qui dépasse l’intellect, une connaissance qui implique l’expérience, la participation et la communion.
Jésus déclare dans Jean 17.3 :
« Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. »
Cette connaissance n’est donc pas uniquement une connaissance théorique. Elle implique une relation réelle avec Dieu, une expérience de sa présence et une participation à sa vie.
Il existe une connaissance basée sur ce que nous avons appris, mais il existe également une connaissance qui nous conduit à vivre ce que nous avons appris.
La véritable question est donc la suivante : quelle connaissance de Dieu nous permet réellement d’expérimenter Dieu ?
L’apôtre Paul écrit dans 2 Corinthiens 5.16 :
« Ainsi, dès maintenant, nous ne connaissons personne selon la chair ; et si nous avons connu Christ selon la chair, maintenant nous ne le connaissons plus de cette manière. »
Paul présente ici deux manières de connaître Christ : une connaissance selon la chair et une connaissance qui relève de l’Esprit.
Ces deux formes de connaissance produisent également deux expériences différentes de Dieu.
Connaître Dieu selon la chair signifie avoir des informations sur Dieu. Cette connaissance peut être biblique, théologique, religieuse ou intellectuelle.
Nous pouvons connaître les Écritures, connaître les doctrines chrétiennes, écouter des prédications, lire des livres sur Dieu et connaître l’histoire de Jésus sans pour autant avoir expérimenté personnellement sa présence.
Il est donc possible de parler de Dieu sans véritablement marcher avec Dieu.
Il est possible de prier Dieu sans être réellement en communion avec lui.
Il est même possible d’avoir de nombreuses années de foi chrétienne sans avoir développé une véritable vie chrétienne.
La connaissance intellectuelle de Dieu est utile, mais elle ne suffit pas à elle seule à nous faire expérimenter la réalité de Dieu.
La connaissance véritable de Dieu implique davantage que l'information. Elle implique l'expérience, la participation et la communion.
Connaître Dieu signifie entrer dans une relation avec lui et expérimenter sa réalité.
C’est la différence entre savoir que Dieu existe et connaître Dieu personnellement.
On peut avoir entendu parler de Dieu pendant des années sans l’avoir réellement rencontré.
On peut lire de nombreux livres écrits par des hommes et des femmes qui ont expérimenté Dieu. Ces livres peuvent fortifier notre foi, nous encourager et nous pousser à chercher Dieu. Mais leur expérience ne peut jamais devenir automatiquement notre expérience.
Vous pouvez répéter ce qu’une autre personne a vécu, mais vous ne pouvez pas vivre à sa place sa rencontre avec Dieu.
Vous avez besoin de votre propre rencontre avec Dieu.
L’histoire de Job illustre parfaitement cette transition.
Job déclare :
« Mon oreille avait entendu parler de toi ; mais maintenant mon œil t’a vu. »
Avant son expérience personnelle, Job connaissait Dieu à travers ce qu’il avait entendu.
Il craignait Dieu et avait une réputation d’homme juste. Pourtant, sa connaissance de Dieu était encore largement fondée sur ce qu’il avait reçu et appris.
Il y avait donc une différence entre avoir entendu parler de Dieu et avoir personnellement rencontré Dieu.
Après son expérience, Job pouvait parler de Dieu non seulement parce qu’on lui en avait parlé, mais parce qu’il avait lui-même expérimenté sa réalité.
Voilà pourquoi la vie chrétienne ne peut pas être fondée uniquement sur ce que nous avons entendu.
La foi de quelqu’un d’autre peut nous inspirer, mais elle ne peut pas remplacer notre propre relation avec Dieu.
La vie chrétienne sera toujours, dans une certaine mesure, proportionnelle à la connaissance personnelle que nous avons de Dieu.
Lorsque vous lisez un livre écrit par quelqu’un qui a rencontré Dieu, vous recevez son témoignage. Vous pouvez être encouragé par son expérience, mais cette expérience doit vous conduire à chercher Dieu vous-même.
Vous pouvez connaître les paroles d’un homme de Dieu sans connaître le Dieu que cet homme a rencontré.
Vous pouvez connaître les enseignements d'un prédicateur sans connaître personnellement celui dont il parle.
C’est pourquoi la connaissance personnelle de Dieu est essentielle.
La vie chrétienne n’est pas quelque chose que nous devons simplement essayer de produire par nos propres efforts. Elle devient la conséquence naturelle d’une véritable connaissance de Dieu.
Plus nous connaissons Dieu, plus notre vie, notre prière, notre communion avec lui et notre manière de le manifester sont transformées.
L’histoire de Nicodème nous permet de comprendre une autre dimension de cette réalité.
Nicodème était un homme religieux, instruit et respecté. Pourtant, lorsqu’il rencontre Jésus, celui-ci lui dit qu’il doit naître de nouveau.
Jésus lui explique qu’il doit « naître d’en haut ».
Cette déclaration révèle une vérité fondamentale : pour entrer dans la réalité spirituelle de Dieu, il faut une transformation de nature.
Le royaume de Dieu n’est pas simplement un bâtiment, une institution ou un lieu physique.
Dieu est Esprit.
Par conséquent, la communion avec Dieu doit se faire dans l’Esprit.
La sphère de Dieu est une réalité spirituelle. Elle n’est pas accessible simplement par un titre, une position religieuse, des années d’expérience chrétienne ou une connaissance intellectuelle de la Bible.
Il ne suffit pas d’être pasteur, apôtre, évêque ou d’avoir un quelconque titre religieux pour avoir automatiquement une grande intimité avec Dieu.
Le titre ne détermine pas notre proximité avec Dieu.
Ce qui nous permet d’entrer dans cette réalité, c’est la nouvelle naissance.
Tout ce qui entre dans la sphère de Dieu doit être conforme à la nature de Dieu.
C’est pourquoi la nouvelle naissance est si importante.
Lorsque l’homme est tombé, il ne s’agissait pas simplement de perdre un emplacement géographique dans le jardin d’Éden. Il s’agissait d’une rupture avec la sphère de communion dans laquelle il rencontrait Dieu.
Cette rupture explique pourquoi l’homme peut parfois ressentir une distance spirituelle avec Dieu.
Cette distance n’est pas nécessairement physique ou émotionnelle. Elle est avant tout spirituelle.
Lorsque nous sommes en communion avec Dieu, notre relation avec lui devient naturelle.
Prenons une image simple : lorsqu’un enfant sait que son père se trouve dans une pièce de la maison, il n’a pas besoin de faire un effort particulier pour entrer dans cette pièce et lui parler.
De la même manière, lorsque nous sommes dans la sphère de communion avec Dieu, nous n’avons pas besoin de produire artificiellement une rencontre avec lui.
La rencontre devient une conséquence naturelle de notre communion avec lui.
Certaines personnes pensent qu’elles doivent aller dans un endroit particulier pour rencontrer Dieu.
Elles peuvent penser qu’il faut aller sur une montagne, dans une église ou dans un lieu spécifique pour expérimenter sa présence.
Mais Dieu n’est pas limité à un lieu.
Jésus l’explique à la femme samaritaine lorsqu’elle lui demande quel est le lieu véritable d’adoration.
Jésus lui répond que Dieu est Esprit et que ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité.
Dieu n’est donc pas le Dieu d’un bâtiment.
Il est le Dieu des esprits.
L’église peut être un lieu de rassemblement, d’enseignement et de communion fraternelle, mais Dieu n’est pas enfermé dans un bâtiment.
Il peut être expérimenté dans notre maison, dans notre voiture, dans les transports, au travail ou dans n’importe quel endroit où nous sommes en communion avec lui.
Lorsque nous prions, nous avons souvent l’habitude de fermer les yeux.
Mais fermer les yeux ne signifie pas automatiquement que nous sommes dans l’Esprit.
Nous fermons parfois les yeux simplement pour nous éloigner des distractions visuelles et mieux nous concentrer.
Cependant, à mesure que notre communion avec Dieu grandit, notre relation avec lui ne dépend plus nécessairement d’un environnement particulier.
Nous pouvons être dans un taxi et parler avec Dieu.
Nous pouvons être dans notre voiture et expérimenter sa présence.
Nous pouvons faire nos courses et être en communion avec lui.
Nous pouvons marcher, travailler et vivre tout en demeurant conscients de sa présence.
Le but n’est donc pas seulement d’avoir un moment de prière isolé, mais de développer une vie de communion avec Dieu.
La première épître de Jean présente plusieurs niveaux d'expérience.
Jean écrit :
« Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie… »
Remarquons la progression :
Nous avons entendu.
Entendre parler de Dieu constitue une première forme de connaissance.
Mais entendre parler de Dieu ne signifie pas encore l’avoir expérimenté.
Ensuite :
Nous avons vu.
Il existe une dimension où la réalité de Dieu devient personnelle.
Puis :
Nous avons contemplé.
Contempler va au-delà d'une simple perception extérieure. Il s'agit d'une révélation intérieure, d'une compréhension profonde de la personne de Christ.
Enfin :
Nous avons touché.
Jean parle d’une expérience réelle, tangible, d’une réalité devenue personnelle.
Il affirme ensuite que cette vie qui leur a été manifestée est devenue leur propre expérience et qu’ils l’annoncent afin que d’autres puissent entrer eux aussi dans cette communion.
Il existe un danger lorsque nous confondons ce que nous entendons avec ce que nous connaissons réellement.
Nous pouvons aller à l’église pendant des années, écouter des prédications chaque semaine, connaître de nombreux versets et accumuler une grande quantité d’informations bibliques sans pour autant expérimenter la vie de Dieu.
La connaissance intellectuelle peut nous permettre de parler correctement de Dieu, mais elle ne produit pas automatiquement le caractère de Dieu en nous.
Elle ne nous permet pas nécessairement de vaincre le péché, le « moi » et les influences du monde.
Paul rappelle que la lettre tue, tandis que l’Esprit donne la vie.
Il est donc possible de connaître la Bible sans connaître profondément l’Auteur de la Bible.
C’est pourquoi la connaissance biblique doit nous conduire à une rencontre avec Dieu, et non devenir une simple accumulation d’informations.
Notre expérience de Dieu n’arrive pas par hasard.
Il faut le chercher.
Il ne suffit pas de se nourrir uniquement de ce que les autres nous disent au sujet de Dieu.
Les prédications, les enseignements, les livres et les témoignages doivent nous pousser à chercher Dieu personnellement.
Tout ce que nous recevons des autres devrait devenir une invitation à développer notre propre relation avec Dieu.
Votre pasteur peut vous parler de Dieu, mais il ne peut pas avoir votre relation avec Dieu à votre place.
Un prédicateur peut vous montrer le chemin, mais il ne peut pas marcher à votre place.
Vous devez chercher Dieu vous-même.
Vous devez développer votre propre communion avec lui.
Vous devez expérimenter sa présence.
Vous devez apprendre à reconnaître sa voix et à marcher selon sa nature.
La véritable question n’est donc pas simplement :
« Est-ce que je connais des choses sur Dieu ? »
La question est :
« Est-ce que je connais Dieu ? »
Il existe une connaissance de Dieu basée sur ce que nous avons entendu, appris et étudié.
Mais il existe également une connaissance qui devient une expérience personnelle, une communion et une marche avec Dieu.
Dieu est une réalité que nous pouvons connaître, expérimenter et avec laquelle nous pouvons marcher.
Notre objectif ne doit pas être simplement de devenir des personnes qui savent beaucoup de choses sur Dieu.
Nous devons devenir des personnes qui connaissent Dieu.
Car la vie éternelle n’est pas simplement une accumulation de connaissances religieuses. Elle consiste à connaître le seul vrai Dieu et Jésus-Christ qu’il a envoyé.
Alors, posez-vous cette question :
À quel niveau de connaissance de Dieu suis-je aujourd’hui ?
Est-ce que je connais Dieu parce que j’ai entendu parler de lui ?
Est-ce que je le connais seulement à travers les expériences des autres ?
Ou suis-je en train de développer une véritable communion avec lui ?
Dieu veut nous conduire de l’écoute à l’expérience, de l’information à la révélation, de la religion à la relation, et de la connaissance intellectuelle à une véritable marche avec lui.
Cherchons donc Dieu personnellement. Apprenons à le connaître. Expérimentons sa présence. Et marchons avec lui.